Non-indemnisation des loyers au titre de la garantie décennale

Dans une décision rendue le 5 décembre 2019, la Cour de cassation a estimé que la garantie décennale ne couvre que les dommages matériels. Cela exclut la perte de loyers (dommage immatériel) du champ de l’indemnisation au titre de la garantie décennale. Zoom sur cette décision avec MaxiAssur.

La garantie décennale ne couvre que les dommages matériels

Prévue à l’article 1792-4-1 du Code civil, la garantie décennale court pendant 10 ans à partir de la réception des travaux. Par un arrêt rendu le 5 décembre 2019, la Cour de cassation a estimé que la garantie décennale devait couvrir uniquement les dommages matériels résultant des malfaçons. Par conséquent sont exclus tous les dommages considérés comme immatériels et indirects. Cela comprend notamment la perte de loyers consécutive à un défaut affectant la solidité de l’ouvrage ou son usage de destination.

La décision rendue, se basant sur les dispositions du Code des assurances, a pour objectif d’encadrer encore davantage le champ d’application de la garantie décennale. Si l’on connaît les risques en cas d’absence de garantie décennale, cette dernière ne s’applique donc pas à tous les dommages subis. La garantie décennale est strictement encadrée par les juges qui font une application stricte des dommages pris en compte et indemnisés par les constructeurs.

Ainsi, bien que la perte de loyers soit une conséquence immédiate du vice de construction. Il s’agit néanmoins d’un préjudice indirect lié au défaut assuré au titre de la garantie décennale. Le Code des assurances est plutôt clair en la matière puisqu’il considère uniquement que le contrat de construction doit garantir le paiement des travaux de réparation de l’ouvrage. En effet le texte n’évoque aucune perte immatérielle ou conséquence indirecte des dommages.

La perte de loyers : un dommage immatériel indirect

En l’espèce, dans l’affaire qui était confiée à la Cour de cassation le 5 décembre 2019, le propriétaire d’un appartement faisait état de défauts dans la construction de sa terrasse en bois. Il avait donc intenté une action en justice à l’encontre de l’entrepreneur en soulevant les dispositions propres à la garantie décennale. Il mettait en avant le fait que le matériau avait été mal posé, ce qui avait entraîné des malfaçons. Au titre de la garantie décennale, l’assureur du propriétaire avait alors accepté de prendre en charge la réparation des travaux. Cependant, le requérant se plaignait du fait que les travaux de réfection, devant durer plus d’un mois consécutif, entraînaient une perte de revenus locatifs.

La Cour d’appel considère qu’il s’agit d’un dommage immatériel consécutif aux malfaçons.  Par conséquent qu’il doit donc être pris en considération au titre de l’indemnisation sur le champ de la garantie décennale. La Cour de cassation conteste cette disposition et refuse d’étendre le champ de la garantie décennale au-delà des dispositions légales prévues par le Code des assurances.

Obligation d’accord signé au préalable avec le constructeur

Ainsi la perte de revenus est considérée comme un préjudice indirect qui ne doit point donner lieu à indemnisation au titre de la garantie décennale. Il existe néanmoins une exception à ce principe de base. En effet, dans le cas où le maître d’ouvrage signe au préalable un accord avec le constructeur par lequel il est prévu d’étendre le champ de la garantie aux préjudices immatériels. Toutefois cette accord doit exister au préalable entre les deux parties, et être signé avant le début du chantier.

En l’absence d’un tel écrit, les juges apprécieront le rôle de la garantie décennale au sens le plus strict en lui assignant simplement le rôle de réparation des dommages de l’ouvrage. Actionner la garantie décennale ne signifie donc pas avoir forcément gain de cause. Encore faut-il montrer que le préjudice subi est direct et matériel. Cela va dans le sens de l’objectif premier de la garantie décennale. En effet elle est celle de couvrir tous les dommages matériels mettant en danger la sécurité des résidents, au titre de l’impropriété de l’ouvrage à sa destination d’origine ou de danger quant à sa solidité.

Autres éléments non pris en charge par la garantie décennale

La garantie décennale ne prend pas en compte certains dommages, hormis si le maître d’ouvrage signe avec l’entrepreneur une convention explicite prévoyant l’indemnisation des pertes matérielles et immatérielles consécutives aux malfaçons résultant de la garantie décennale.

Ces dommages en principe non pris en charge sont les suivants :

  • ceux qui résultent d’une cause étrangère ou bien de la faute intentionnelle du maître d’ouvrage dont la volonté est d’obtenir une indemnisation indue dans ce type de situation ;
  • certains désordres de nature esthétique, lorsqu’ils ne compromettent pas la solidité de l’ouvrage ni n’affectent son usage de destination ;
  • les dommages pouvant être couverts au titre de la garantie biennale et ceux qui sont dissociables de l’ouvrage ;
  • les dommages immatériels et ceux causés au mobilier, à moins que les deux parties au contrat aient consenti une garantie facultative.

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